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Comment les CCRs alimentent l'angoisse
Chapitre #5
L’arrêt des CCRs étant l’idée noyau de ce livre, expliquons pourquoi ces mécanismes sont la source d’alimentation de ton trouble anxieux.
Pour comprendre, observons ce qui se passe chronologiquement quand un CCR est déployé et distinguons ce qui se passe consciemment et inconsciemment.
Court terme - Conscient :
1 - Soulagement ou aggravation
2 scénarios peuvent se produire au court-terme :
La tentative de soulagement est réussie. Tu sens une dissipation quasi immédiate et notable de ton angoisse.
La tentative de soulagement échoue. Ton anxiété au court terme est décuplée. Tu n’as pas obtenu la réponse que tu souhaitais ou tu as obtenu la réponse que tu redoutais voire tu es surpris.e par une réponse pire que ce que tu aurais imaginé.
Court-terme - Inconscient :
1 - Assimilation émotionnelle interrompue
Le processus d’assimilation émotionnelle de la peur associée à l’angoisse est interrompu. Retardant le point d’assimilation de cette peur, le point où tu pourras penser à cette peur sans réaction anxieuse.
2 - Résilience émotionnelle atrophiée
Ta résilience émotionnelle n’est pas engagée, elle n’est pas “entraînée”, donc s’atrophie.
Tu ressentiras cette atrophie plus tard sous la forme d’une “incapacité à accepter” la présence d’un inconfort émotionnel sans réagir par une action.
3 - Augmentation des “notes” attribuées à ce sujet d’angoisse
Ton cerveau remarque qu’il y a eu une réaction de ta part à cette PES, il augmente alors deux “notes” attribuées au sujet de cette angoisse :
Son poids émotionnel, l’intensité de tes réactions émotionnelles par rapport à ce sujet.
Son degré d’importance, la fréquence à laquelle tu penseras à ce sujet.
4 - Accoutumance
La vague de soulagement émotionnel obtenu par ce mécanisme est assimilée et ton cerveau engage le processus d’accoutumance. Il sera plus difficile pour toi d’obtenir la même intensité émotionnelle de soulagement.
Moyen-terme - Conscient :
1 - Montée de la peur du “retour”
Tu ressens à la place la montée de la peur de penser de nouveau au sujet de manière anxieuse. Cette impression qu’il y a cette chose terrible que tu as pensé pouvoir faire fuir mais qui finira par revenir inévitablement.
2 - Déploiement de mini-CCRs mentaux
Tu te débats de manière subtile contre cette montée d’insécurité avec de multiples formes de recherche de contrôle, certitude et réassurance mentales. En faisant ça tu commences à précharger la prochaine crise d’angoisse sur ce sujet.
Moyen terme - Inconscient :
1 - Dissipation du soulagement
La vague positive de soulagement masquant les ressentiments négatifs lié à ce sujet s’est dissipée progressivement.
2 - Montée de l’insécurité émotionnelle
Tu commences à payer le prix de la dépendance. En se dissipant, la vague de soulagement est remplacée par une vulnérabilité et une insécurité émotionnelle face a un potentiel retour de ce sujet d’angoisse.
Long terme - Conscient :
1 - Conséquence de la dépendance
La vague de soulagement est complètement passée, remplacée par l’effet de manque qui crée une vulnérabilité et une insécurité émotionnelle très palpable en toi.
2 - Déclenchement de la prochaine crise
Un élément déclencheur sous forme d’une PES arrive, s’ajoute à ton angoisse qui avait commencé à monter quand la peur du retour est apparue et tu franchis ton seuil de réactivité.
L’angoisse est trop intense, dure depuis trop longtemps ou est trop “nouvelle”, ce qui provoque en toi une compulsion de CCR, cette fameuse phrase intérieure “non mais la c’est trop, je dois faire qqchose”.
Tu es désormais dans un état de crise d’angoisse plus intense que ta précédente crise sur le sujet.
3- Le moment de décision
Tu es face à deux choix face à la compulsion de CCR :
Céder à un CCR.
Renoncer aux CCRs.
En fonction de ton choix différents phénomènes peuvent se produire du côté de ton inconscient.
Long terme - Inconscient :
1 - Reprise de l’assimilation émotionnelle
La vague artificielle de soulagement étant passée, le processus d’assimilation de la peur associée au sujet peut reprendre.
Cependant, l’émotion ayant été réprimée, ce processus sera plus intense émotionnellement, et donc plus difficile à accepter pour ton conscience.
A - Si tu as cédé au CCR - Prolongation du cercle vicieux avec effet de cascade
Cette assimilation émotionnelle est directement interrompue de nouveau, tu retardes indéfiniment l’arrivé du point d’assimilation, quand tu pourras penser à cette peur sans réaction anxieuse.
Tous les phénomènes qui s’étaient produits lors du “court terme - inconscient” se produisent à nouveau en effet de cascade.
Tu maintiens voire aggraves ton trouble.
B - Si tu as renoncé au CCR - Sevrage
Bien que plus difficile à supporter que si tu n’avais pas cédé, le processus d’assimilation émotionnelle suit son cours. Tu te rapproches du point d’assimilation.
En plus de cela, ton cerveau remarque que tu n’as pas réagi à ce sujet d’angoisse, il baisse alors ses notes de degré d’importance et de poids émotionnel.
Tu dois encore payer pour l’accoutumance et la dépendance que tu t’es infligé jusqu’ici. La seule façon dont une psychée se sèvre et recouvre sa résilience émotionnelle, c’est en souffrant.
Tu dois accepter cette double peine même si tu as commencé à faire les bons choix.
En fonction du nombre de boucle de réassurances que tu as complété jusqu’ici tu vas devoir répéter et donc supporter plusieurs fois ce cycle de manque, déclenchement, renonciation, sevrage.
Chaque cycle devenant heureusement de plus en plus facile car moins intense émotionnellement à moins que tu reprennes le déploiement d’un CCR.
Tu guéris.
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